Le budget de la Ville de Paris dépasse les 12 milliards d’euros par an. Mais ce chiffre, souvent cité seul, peut être trompeur : les finances parisiennes distinguent le fonctionnement, l’investissement, les crédits budgétaires votés, les dépenses réellement exécutées et les opérations purement comptables.
Après le budget supplémentaire de juillet 2026, le budget général comprend 10,398 milliards d’euros en fonctionnement et 2,483 milliards d’euros de crédits de paiement en investissement, soit près de 12,88 milliards d’euros si l’on additionne les deux sections. Cette somme ne doit toutefois pas être assimilée à 12,88 milliards d’euros de dépenses courantes effectivement consommées pendant l’année.
Pour comprendre ce que Paris dépense réellement, d’où vient l’argent et comment évolue la dette, il faut entrer dans le détail.
Quel est le budget de la Ville de Paris en 2026 ?
Le budget primitif 2026 prévoyait initialement 10,205 milliards d’euros de recettes réelles de fonctionnement et 9,407 milliards de dépenses réelles de fonctionnement. L’écart devait générer une épargne brute de 797,6 millions d’euros, utilisable notamment pour financer les investissements. Les dépenses réelles d’investissement hors remboursement de la dette étaient prévues à 1,620 milliard d’euros.
Voici les principaux chiffres à retenir :
| Indicateur 2026 | Montant |
|---|---|
| Budget de fonctionnement après budget supplémentaire | 10,398 Md€ |
| Crédits de paiement d’investissement après budget supplémentaire | 2,483 Md€ |
| Recettes réelles de fonctionnement prévues au BP | 10,205 Md€ |
| Dépenses réelles de fonctionnement prévues au BP | 9,407 Md€ |
| Investissements réels hors remboursement d’emprunt prévus au BP | 1,620 Md€ |
| Épargne brute prévue au BP | 797,6 M€ |
| Recettes réelles d’investissement prévues | 468,1 M€ |
| Autorisation d’emprunt | 658 M€ |
| Dette totale maximale projetée fin 2026 si l’autorisation d’emprunt est entièrement utilisée | 9,700 Md€ |
La Chambre régionale des comptes rappelle que Paris constitue un cas particulier parmi les collectivités : la collectivité exerce simultanément des compétences communales et départementales, ce qui contribue à expliquer un budget supérieur à 12 milliards d’euros.
Pourquoi trouve-t-on plusieurs montants différents pour le budget de Paris ?
C’est l’une des principales difficultés de cette requête.
Le budget primitif, voté avant le début de l’exercice, constitue une prévision. Il peut ensuite être corrigé par des décisions modificatives et par un budget supplémentaire. Le compte administratif, lui, indique les dépenses et recettes effectivement réalisées une fois l’exercice terminé.
Pour 2026, le budget supplémentaire voté en juillet a porté les crédits de fonctionnement de 10,299 à 10,398 milliards d’euros et les crédits de paiement en investissement de 2,339 à 2,483 milliards.
Mais toutes ces inscriptions ne correspondent pas à des dépenses nouvelles. Le document budgétaire distingue notamment les crédits réels, les écritures d’ordre et certaines opérations équilibrées simultanément en recettes et en dépenses.
C’est pourquoi un article affirmant simplement que « Paris dépense 12,9 milliards d’euros en 2026 » manque une partie importante de l’explication.
D’où viennent les recettes de la Ville de Paris ?
La fiscalité constitue la première ressource du budget de fonctionnement.
Au budget primitif 2026, Paris prévoyait 6,509 milliards d’euros de recettes fiscales, dont environ 2,572 milliards de fiscalité directe locale, 1,772 milliard de fiscalité indirecte, 1,342 milliard provenant de fractions d’impôts nationaux et 823,8 millions de taxes affectées. S’y ajoutaient environ 2,073 milliards de dotations et compensations et 1,610 milliard de recettes de gestion.
Parmi les recettes figurent notamment :
- la taxe foncière ;
- la taxe d’habitation sur les résidences secondaires ;
- les droits de mutation perçus lors des transactions immobilières ;
- des fractions de fiscalité nationale ;
- des dotations et compensations ;
- les revenus de services municipaux ;
- le stationnement ;
- diverses participations et produits du patrimoine.
La dépendance à certaines recettes explique pourquoi le marché immobilier parisien peut avoir un effet important sur le budget.
Le marché immobilier influence fortement les finances parisiennes
Les droits de mutation à titre onéreux, ou DMTO, sont perçus à l’occasion des transactions immobilières. Leur produit varie donc en fonction du nombre et du prix des ventes.
En 2025, la reprise du marché immobilier avait contribué à une hausse de 303,6 millions d’euros des recettes de fiscalité immobilière par rapport à 2024. Les recettes réelles de fonctionnement avaient ainsi atteint 10,073 milliards d’euros.
Mais les prévisions pour 2026 ont ensuite été corrigées.
Lors du budget supplémentaire de juillet, la Ville a réduit de 85 millions d’euros ses prévisions de recettes de DMTO en raison d’un marché immobilier moins dynamique qu’anticipé. Les recettes de fonctionnement, hors résultat reporté et opérations équilibrées, ont été réduites de 130,9 millions d’euros par rapport au budget primitif.
Cette évolution illustre pourquoi les recettes d’une grande collectivité ne sont pas totalement prévisibles au moment du vote du budget en décembre.
Où va l’argent du budget de Paris ?
Les dépenses réelles de fonctionnement prévues pour 2026 atteignent 9,407 milliards d’euros dans le budget primitif.
La santé et l’action sociale constituent le principal ensemble fonctionnel avec 2,696 milliards d’euros, soit 28,7 % des dépenses réelles de fonctionnement. Viennent ensuite les services généraux, l’enseignement et la petite enfance, l’environnement, les transports, la culture et les sports, la sécurité et l’aménagement-habitat.
| Politique publique | Part des dépenses réelles de fonctionnement 2026 |
|---|---|
| Santé et action sociale | 28,7 % |
| Services généraux | 9,9 % |
| Enseignement et petite enfance | 9,5 % |
| Environnement | 8,6 % |
| Transports | 7,9 % |
| Culture, sports et loisirs | 7,0 % |
| Sécurité | 5,2 % |
| Aménagement et habitat | 3,1 % |
Le solde comprend notamment des dépenses transversales, des mécanismes de péréquation, des reversements fiscaux et les charges financières.
Combien Paris dépense-t-il pour le social ?
Quelques lignes budgétaires donnent une idée de l’ampleur de cette politique : le budget 2026 prévoit notamment 443,6 millions d’euros pour le Centre d’action sociale de la Ville, 446,8 millions pour le RSA, 392,2 millions pour l’aide sociale à l’enfance et 303,5 millions pour l’aide sociale aux personnes en situation de handicap.
Ces montants expliquent en partie pourquoi une comparaison directe du budget parisien avec celui d’une commune classique peut être trompeuse : Paris exerce aussi des compétences départementales.
Combien coûtent les agents de la Ville de Paris ?
La masse salariale constitue un autre poste important.
Le budget primitif 2026 prévoit environ 2,944 milliards d’euros de dépenses de personnel. Les comptes exécutés en 2025 avaient atteint 2,870 milliards, en hausse de 2,5 % par rapport à 2024.
Il ne faut toutefois pas additionner ce montant aux dépenses par politique publique présentées plus haut : les dépenses de personnel sont réparties dans les différentes missions de la collectivité.
Combien Paris investit-il en 2026 ?
Le budget primitif prévoyait 1,6196 milliard d’euros de dépenses réelles d’investissement hors remboursement d’emprunt.
Parmi les grandes enveloppes annoncées figurent 800 millions d’euros d’autorisations de programme consacrées au logement social et abordable, dont 50 millions pour la capitalisation de la Foncière du logement abordable. Attention : une autorisation de programme permet d’engager un projet pluriannuel ; elle ne signifie pas nécessairement que les 800 millions seront effectivement décaissés pendant la seule année 2026.
Le budget primitif prévoit également des opérations concernant notamment la place de la Concorde, les Buttes-Chaumont, la porte de Montreuil, les abords de Montparnasse et de Notre-Dame, le canal Saint-Martin ou le boulevard Richard-Lenoir. Une enveloppe de 20 millions d’euros est prévue pour de nouvelles infrastructures cyclables.
Le budget supplémentaire de juillet a ajouté 50,6 millions d’euros d’inscriptions nouvelles d’investissement, dont 33 millions de restes à réaliser et 12,9 millions destinés notamment aux établissements scolaires, à leur adaptation climatique et au plan relatif au périscolaire.
Quelle est la dette de la Ville de Paris ?
C’est l’une des requêtes les plus directement associées au budget parisien.
Les derniers comptes exécutés montrent un encours total de dette de 9,378 milliards d’euros au 31 décembre 2025, contre 8,701 milliards un an auparavant, soit une augmentation de 677,2 millions d’euros en un an. Paris avait souscrit près d’un milliard d’euros de nouveaux emprunts en 2025.
Pour 2026, le budget primitif autorise jusqu’à 658 millions d’euros de nouveaux emprunts. Si cette autorisation était entièrement utilisée, le document budgétaire estime que la dette bancaire et obligataire atteindrait 9,651 milliards d’euros fin 2026, auxquels s’ajouteraient 49,4 millions d’autres dettes, soit un total pouvant atteindre 9,700 milliards d’euros.
Ce montant constitue donc une projection maximale associée au budget, et non la dette effectivement constatée au 31 décembre 2026, qui ne sera connue qu’après clôture de l’exercice.
Pourquoi parle-t-on autant de la capacité de désendettement de Paris ?
L’encours de dette brut ne suffit pas à apprécier la situation financière d’une collectivité. Un indicateur très utilisé est la capacité de désendettement : il rapporte la dette à l’épargne brute et estime théoriquement le nombre d’années qui seraient nécessaires pour rembourser la dette si toute cette épargne lui était consacrée.
La Chambre régionale des comptes avait relevé une situation nettement dégradée à la fin de 2024, avec une capacité de désendettement évaluée à 32,4 années et un encours de dette de long terme de 8,6 milliards d’euros. Elle recommandait notamment de stabiliser la dette et d’accroître la part des investissements financée par des ressources propres.
Les comptes 2025 montrent toutefois une situation très différente sur cet indicateur : l’épargne brute est passée de 266,9 à 800,1 millions d’euros, tandis que la capacité de désendettement calculée dans le compte administratif est revenue de 32,6 à 11,7 années. Dans le même temps, l’encours total de dette a continué à augmenter, de 8,701 à 9,378 milliards d’euros.
Les chiffres de 32 ans et de 11,7 ans que l’on rencontre dans le débat public ne sont donc pas nécessairement contradictoires : ils correspondent à deux exercices différents, 2024 et 2025, avec des niveaux d’épargne brute très différents.
Qu’est-ce que l’épargne brute de la Ville de Paris ?
L’épargne brute correspond à la différence entre les recettes et les dépenses réelles de fonctionnement. Elle constitue une ressource permettant de financer les investissements sans recourir intégralement à l’emprunt. Une collectivité ne peut pas emprunter pour financer ses dépenses courantes de fonctionnement.
En 2025, Paris a encaissé 10,073 milliards d’euros de recettes réelles de fonctionnement et dépensé 9,273 milliards. L’épargne brute réellement constatée a donc atteint 800,1 millions d’euros, contre seulement 266,9 millions en 2024.
Le budget primitif 2026 tablait sur 797,6 millions d’euros d’épargne brute, soit un niveau proche de celui finalement constaté en 2025.
Budget 2025 et budget 2026 de Paris : que disent les chiffres ?
Comparer une année exécutée avec une année budgétée nécessite de rester prudent : les chiffres 2025 sont définitifs ou quasi définitifs, tandis que ceux de 2026 restent des prévisions susceptibles d’évoluer.
| Indicateur | 2025 exécuté | 2026 budget primitif |
|---|---|---|
| Recettes réelles de fonctionnement | 10,073 Md€ | 10,205 Md€ |
| Dépenses réelles de fonctionnement | 9,273 Md€ | 9,407 Md€ |
| Épargne brute | 800,1 M€ | 797,6 M€ |
| Investissements opérationnels | 1,631 Md€ | 1,620 Md€ |
| Charges financières | 214,9 M€ | 237,5 M€ |
| Dette totale | 9,378 Md€ fin 2025 | jusqu’à 9,700 Md€ fin 2026 dans l’hypothèse budgétaire maximale |
Cette comparaison permet surtout de comprendre que budget voté et comptes exécutés ne sont pas la même chose.
Quelle est la taxe foncière à Paris ?
La taxe foncière alimente les recettes de la collectivité mais le montant payé par chaque propriétaire ne dépend pas uniquement du taux voté : il dépend également de la valeur locative cadastrale du bien et de son évolution.
Le taux de taxe foncière sur les propriétés bâties était fixé à 20,50 % en 2025. Le taux parisien avait été porté de 13,5 % à 20,5 % en 2023.
La base imposable à la taxe foncière correspond à 50 % de la valeur locative cadastrale brute du logement avant application du taux et des autres éléments entrant éventuellement dans le calcul.
Le montant d’une taxe foncière peut donc évoluer même lorsque le taux municipal reste inchangé.
Le budget supplémentaire de juillet 2026 a-t-il changé la situation ?
Oui, mais il n’a pas bouleversé l’ensemble du budget.
Le budget supplémentaire intègre notamment 176,8 millions d’euros d’excédent de fonctionnement reporté de 2025. Il prend également en compte des recettes inférieures aux premières prévisions, les effets de la loi de finances 2026 et plusieurs ajustements de dépenses. L’autorisation d’emprunt de 658 millions d’euros reste, elle, inchangée.
Parmi les ajustements les plus significatifs figurent la baisse de 85 millions d’euros de la prévision de DMTO, une réduction de 21,3 millions concernant la taxe d’habitation sur les résidences secondaires et un impact négatif de 24,6 millions sur certaines compensations fiscales de l’État.
Le budget supplémentaire porte finalement les crédits de paiement d’investissement à 2,483 milliards d’euros et le budget de fonctionnement à 10,398 milliards.
Comment lire correctement le budget de Paris ?
Pour savoir réellement comment évoluent les finances parisiennes, il est préférable de surveiller plusieurs indicateurs ensemble plutôt que de se focaliser sur un chiffre unique.
L’encours de dette indique combien la collectivité doit rembourser. L’épargne brute mesure sa capacité à dégager des ressources sur son fonctionnement. Les charges financières renseignent sur le coût des intérêts. Les investissements montrent l’effort consacré aux équipements et au patrimoine. Enfin, les recettes fiscales et notamment les DMTO permettent de comprendre la sensibilité du budget à la conjoncture immobilière.
En 2025, par exemple, la dette a augmenté de 7,8 %, mais l’épargne brute a simultanément presque triplé, ce qui a fortement réduit la capacité de désendettement calculée. Ces deux évolutions doivent être présentées ensemble pour restituer correctement les comptes.
Le compte administratif 2026, publié après la clôture de l’exercice, permettra de connaître les recettes, dépenses, investissements et emprunts effectivement réalisés.
Ce qu’il faut retenir du budget de Paris en 2026
Le budget parisien se situe donc autour de 12,9 milliards d’euros de crédits après les ajustements de juillet, mais le chiffre le plus pertinent dépend de ce que l’on cherche à mesurer.
Pour le fonctionnement courant, le budget primitif prévoyait 9,407 milliards d’euros de dépenses réelles. Pour l’investissement opérationnel, environ 1,620 milliard était prévu hors remboursement de dette. Quant à la dette, elle atteignait réellement 9,378 milliards fin 2025 et pourrait atteindre jusqu’à environ 9,700 milliards fin 2026 dans l’hypothèse où la totalité de l’autorisation d’emprunt prévue au budget serait mobilisée.
La photographie définitive de 2026 ne sera donc connue qu’avec les comptes exécutés. Les documents officiels du budget primitif et du budget supplémentaire sont accessibles sur la page budgétaire de la Ville.
FAQ sur le budget de la Ville de Paris
Les arrondissements de Paris ont-ils leur propre budget ?
Les arrondissements disposent d’états spéciaux d’arrondissement, alimentés par des dotations du budget général. Le budget supplémentaire 2026 a notamment porté la dotation de gestion locale versée aux arrondissements de 158,1 à 177,9 millions d’euros.
Qui contrôle les comptes de la Ville de Paris ?
Le budget et son exécution font l’objet de plusieurs contrôles. Le contrôle de légalité relève notamment du représentant de l’État et les juridictions financières, dont la Chambre régionale des comptes d’Île-de-France, peuvent examiner la gestion et la situation financière de la collectivité.
Où consulter le budget complet de Paris ?
La Ville publie les documents du budget primitif, du budget supplémentaire, les décisions modificatives et les comptes administratifs, avec les rapports financiers et annexes correspondants.


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