Créer une entreprise seul, sans associé, tout en bénéficiant d’un cadre juridique souple et protecteur ? C’est possible grâce à la SASU (Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle). Ce statut séduit de plus en plus de créateurs d’entreprise, et pour cause : il offre de nombreuses libertés, une responsabilité limitée aux apports, et une image professionnelle auprès des partenaires et investisseurs.
Dans cet article, je vous propose un guide pas-à-pas pour bâtir votre SASU sur des bases solides, avec des astuces concrètes, des données utiles et des conseils pratiques.
Avant de créer : 3 fondamentaux pour bien préparer votre SASU
Avant de déposer vos statuts ou de choisir un nom commercial, il est crucial de poser les fondations de votre projet. Voici trois étapes indispensables :
| Étape | Objectif | Outils recommandés |
|---|---|---|
| Étude de marché | Vérifier la demande, analyser la concurrence | Enquêtes terrain, outils comme Google Trends ou Statista |
| Business plan | Structurer votre stratégie, rassurer les partenaires | Outils comme Bpifrance Création, Canva Business Model Canvas |
| Choix du statut | Confirmer que la SASU est le bon véhicule juridique | Comparaison SASU / EURL / micro-entreprise |
💡 Astuce : Si vous hésitez encore entre SASU et EURL, sachez que la SASU permet une grande souplesse dans la rédaction des statuts et l’arbitrage entre rémunération et dividendes.

Trouver un nom qui marque et une adresse stratégique
Une fois le projet validé, il est temps de passer à l’acte. Le nom de votre future entreprise (dénomination sociale) doit être évocateur, original, et libre d’utilisation. Pour cela, une vérification s’impose sur data.inpi.fr.
Concernant le siège social, trois options s’offrent à vous :
- Votre domicile personnel (à vérifier selon votre bail ou règlement de copropriété)
- Un local commercial (location ou achat)
- Une société de domiciliation agréée
📌 Conseil : Choisir un siège dans une grande ville peut renforcer votre crédibilité, surtout dans les secteurs B2B.
Rédiger des statuts clairs et personnalisés
Les statuts sont le socle juridique de votre SASU. Bien qu’il existe des modèles gratuits, je vous recommande de les personnaliser avec l’aide d’un expert (avocat ou expert-comptable) pour qu’ils reflètent au mieux votre activité.
Voici les mentions obligatoires à inclure :
- Dénomination sociale et siège
- Objet social (activité exercée)
- Durée (souvent 99 ans)
- Montant et nature du capital social
- Fonctionnement de la société
- Modalités de dissolution
🎯 Exemple : Un consultant en marketing peut indiquer un objet social du type « Conseil en stratégie digitale, formation, accompagnement de projets web ».
Définir un capital social réaliste
Aucun minimum légal n’est imposé pour créer une SASU. Vous pouvez démarrer avec 1 € symbolique, mais en pratique, il est préférable de prévoir un capital cohérent avec vos besoins de départ.
Exemple :
- Un freelance en graphisme peut se contenter de 1 000 €.
- Un e-commerçant devra peut-être prévoir 5 000 € pour le stock et les outils.
Les apports peuvent être :
- En numéraire : sommes versées sur un compte bancaire professionnel
- En nature : matériel, ordinateur, véhicule professionnel, etc.
📌 À savoir : En cas d’apports en nature significatifs (ex. un véhicule), un commissaire aux apports peut être exigé.
Nommer un président : la tête pensante de la SASU
Dans une SASU, l’associé unique (vous) nomme un président, qui peut être lui-même. Le président représente la société à l’égard des tiers, signe les contrats, et prend les décisions opérationnelles.
Cette nomination doit apparaître :
- dans les statuts
- dans les documents officiels
- dans le dossier d’immatriculation
👤 Bon à savoir : Le président peut être rémunéré ou non. En cas de rémunération, il est affilié au régime général de la sécurité sociale (et non au régime des indépendants comme en EURL).
Informer officiellement : publication dans un journal d’annonces légales
Une étape obligatoire mais souvent négligée : la publication d’un avis de constitution dans un journal d’annonces légales (JAL). Ce dernier doit être habilité dans le département du siège.
Cet avis doit mentionner :
- Nom de la société
- Forme juridique (SASU)
- Siège et objet social
- Durée
- Capital social
- Identité du président
Le coût varie entre 100 et 180 € selon les départements.
Dernière ligne droite : dépôt du dossier d’immatriculation
Une fois toutes les étapes précédentes franchies, il ne vous reste plus qu’à déposer votre dossier au guichet unique des formalités des entreprises sur formalites.entreprises.gouv.fr.
Le dossier comprend :
- Les statuts signés
- Le formulaire M0 (en ligne)
- L’attestation de parution dans un JAL
- Le justificatif de siège
- La pièce d’identité du président
- L’attestation de dépôt des fonds
Une fois votre dossier validé, vous recevrez :
- un extrait Kbis
- votre numéro SIRET
- votre immatriculation INSEE
✅ Vous êtes officiellement en activité !
Et après ? Les obligations à ne pas oublier
Créer une SASU, ce n’est pas seulement déposer des papiers. Vous devez également penser aux premières obligations légales et comptables :
- Ouvrir un compte bancaire professionnel
- Choisir un logiciel de facturation conforme à la loi antifraude
- S’inscrire à la TVA si votre activité le requiert
- Déclarer vos revenus et charges régulièrement à l’URSSAF et aux impôts
En bref : résumé des étapes de création d’une SASU
| Étapes | Objectifs |
|---|---|
| Étude de marché et business plan | Valider le projet |
| Choix du nom et de l’adresse | Poser les bases juridiques |
| Rédaction des statuts | Définir le fonctionnement |
| Constitution du capital social | Apports et crédibilité |
| Nomination du président | Diriger légalement la société |
| Publication légale | Informer les tiers |
| Immatriculation | Obtenir un SIRET et démarrer l’activité |
Faut-il se faire accompagner ? Mon avis
Créer une SASU est à la portée de tous, mais certaines étapes peuvent s’avérer complexes si vous n’avez pas l’habitude de la paperasse administrative. Pour éviter les erreurs, je vous recommande de passer par :
- une plateforme juridique en ligne (Legalstart, Captain Contrat…)
- un expert-comptable
- un avocat d’affaires si vous prévoyez une croissance rapide





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